Choisissez un protagoniste, puis naviguez d'étape en étape : la carte situe chaque lieu, et la colonne de droite en révèle l'histoire, illustrée par les archives. Les trois trajectoires convergent à Nice, où elles se reconstruisent.
Tracés schématiques reliant les étapes connues — non des itinéraires réels de déportation.
Ce mémorial reconstitue, à partir de centaines de documents d'archives, deux destins parallèles partis de Varsovie — celui d'Adolphe Sokolski et celui de Tauba Izraelska — qui se rejoignent après la guerre pour donner naissance à Claude.
À Varsovie, dans le district Mostowski, vivent les Izraelski et les Sokolski. Zelik Izraelski, marchand, et Chana Kulik élèvent Tauba (née en 1904) et ses frères et sœurs. Non loin, Morzek Jankel Sokolski et Chaja Tauba Blajszt élèvent Abraham, né le 17 janvier 1898, au sein d'une fratrie dispersée jusqu'à Melbourne et Paris.
À 18 ans, Abraham est interné comme prisonnier civil à Stettin (1916-1918). Après un retour à Varsovie et une étape belge à Charleroi, il arrive à Lille en 1923, devient Adolphe et entre aux Établissements Couzineau. Tauba arrive à Lille en 1926 — un visa pour le Brésil en poche, mais elle restera.
La France des droits de l'homme les tient pourtant à distance : refus de séjour, expulsions. Tauba lutte dix ans, soutenue par le député Jean Montigny ; Adolphe demande sa naturalisation pendant treize ans. Adolphe épouse Sosia Gruszka en 1936 ; naissent Jacqueline, Arlette et Francine. Le 2 septembre 1939, Adolphe s'engage volontairement dans l'armée française.
Arrêté une première fois en 1941, Adolphe est raflé avec toute sa famille à Douai le 11 septembre 1942. À Auschwitz, Sosia et leurs trois filles sont gazées à l'arrivée ; Adolphe survit (matricule 64095), passe par un commando à Varsovie, puis Dachau et Mühldorf. Tauba et Bernard Kurower, arrêtés à Cahors en 1944, sont déportés à Auschwitz, où Bernard meurt. Tauba survit à Bergen-Belsen, libérée le 15 avril 1945.
Deux survivants qui avaient tout perdu se reconnaissent et se marient. De cette union naît Claude, à Lille, le 7 février 1954. « Le jour de ma naissance, mon père avait retiré de son portefeuille la photo de ses trois filles pour la remplacer par la mienne. » Adolphe meurt en 1967 ; Claude est déclaré Pupille de la Nation.
Claude grandit dans l'ombre de trois petites filles qu'il n'a jamais connues. Devenu journaliste, il devient passeur de mémoire : témoignages, écoles, cérémonies à Douai, travail avec l'historienne Monique Heddebaut. En 2012, la Présidence de la République lui répond.
Le 4 décembre 2024, la République reconnaît Thérèse « Morte pour la France », au terme du combat de Claude. C'est lui, puis son fils Sylvain, qui ont mené l'enquête à son terme. De Varsovie en 1898 à aujourd'hui, la lignée n'a pas été rompue.
Plus de 330 documents — actes d'état civil, dossiers de naturalisation et d'expulsion, fiches des camps, cartes de déporté, correspondance et photographies — consultables et filtrables par personne et par thème, pour la transmission et l'étude.
À la mémoire des membres de la famille assassinés dans la Shoah. Que leur souvenir soit une bénédiction.
« Elle m'a dit qu'au jour de ma naissance, mon père avait sorti de son portefeuille la photographie de ses trois filles et l'avait remplacée par ma photographie. »
— Claude Sokolski
Ce mémorial est le fruit d'un travail d'archives long et méthodique, mené par Claude Sokolski avec l'historienne Monique Heddebaut, puis achevé par Sylvain Sokolski.
Contenu établi d'après le « Mémorial de la Famille Sokolski » (1898–2024). Ce site est un travail de mémoire en cours.